Simca Océane cabriolet, élégance franco-américaine !

Dans les années 50, Simca incarne sur le marché automobile, une certaine élégance à la française. La Simca Océane en est une parfaite incarnation. Cet élégant cabriolet est la version découvrable du coupé Plein ciel présenté en même temps au salon de l’auto 1956.

Avec ce nouveau cabriolet, Simca vise avant tout une clientèle féminine. A tel point que le lancement du modèle s’accompagne d’une exposition aux Galeries Lafayette baptisée « La femme et sa voiture ». Autre temps, autres moeurs…

Autre anecdote, sachez que le cabriolet aurait dû s’appeler Plein Ciel (logique !) et inversement le coupé Océane. Oui mais voilà, une fuite dans la presse avait révélée avant l’heure les noms des nouveaux modèles. Et il se trouve qu’Henri Pigozzi, le charismatique patron de Simca, n’était pas homme à se faire « enquiquiner ». Aussi par pure esprit de contradiction, il décida d’inverser le nom des 2 modèles !

Un style inspiré

La Simca Océane et sa version coupé Plein Ciel basées, marquent une forte rupture de style chez Simca. Après une forte inspiration italienne des modèles précédents, place à l’Amérique ! C’est clairement une tendance de l’époque à laquelle Henri Pigozzi en bon entrepreneur ne déroge pas.

L’élément de style le plus évident de cette influence américaine est cet immense pare brise panoramique que l’on retrouve également chez sa « cousine » la Facel Vega. (Les coupés Plein Ciel et cabriolets Océane étaient fabriqués dans l’usine Facel à Nanterre). Ce pare-brise est également le symbole majeur de la célèbre Ford Thunderbird.

Si Simca met en avant « la luminosité exceptionnelle » de ce « pare-brise grand angle qui dégage une vision totale comparable à celle que l’on trouve dans le cockpit des avions modernes », la réalité est tout autre. En effet, le cintrage très prononcé déforme la vision latérale et c’est encore pire en cas de pluie ! Comme quoi style et sécurité ne font pas toujours bon ménage !

Autre marqueur fort du style de l’Océane, des ailerons sur les ailes arrières bien que bien moins prononcés que sur certaines productions américaines, sont également présents.

Evolution mécanique de la Simca cabriolet Océane

A son lancement, l’Océane est équipé du 1300 cm3 « Flash Spécial » 57 ch de l’Aronde Montlhéry. Puis à la fin de 1960, un nouveau quatre cylindres issu de la P60 le remplace. Baptisé « Rush Super », il délivre une puissance de 62 ch. Lui succède rapidement une version baptisé « Super M » qui culmine à 70 ch et qui motorisera la Simca Océane jusqu’au terme de sa carrière. 

Ainsi motorisée et avec un poids contenu légèrement sous la tonne, cette propulsion et sa boîte à 4 rapports, est capable de parcourir  le kilomètre départ arrêté en 42 secondes et de dépasser les 140 km/h. Si ces performances sont honorables pour l’époque, elle ne permettent pas à l’Océane de rentrer dans la catégorie des sportives. Rien à voir avec une MG A par exemple ! Ce n’est de toute façon pas la cible de cet élégant cabriolet qui est surtout destiné à évoluer sur les Grands Boulevards et tranquillement sur les nationales et départementales.

Une carrière commerciale mitigée

Bien que sans tare particulière et malgré une ligne élégante, l’Océane ne rencontre pas le succès escompté. La faute principalement à un prix de vente trop élevé. Le cabriolet Simca coûtait le double d’une berline Aronde et a dû faire face à la concurrence acharnée de la Renault Floride, proposée à un prix beaucoup plus attractif.
Dès Octobre 1958, l’Océan subit un léger lifting. Elle est dotée d’une calandre élargie et de pare-chocs relevés à l’image de la Thunderbird 1957. Les feux arrières sont également modifiés.

Un an plus tard, afin de réduire le prix de vente excessif, Simca présente une versions « S » Pas d’enthousiasme sur la signification du « S ». Il ne s’agit pas d’un « S » comme « sport » mais d’un « S » comme « simplifiée » ! Par mesure d’économie, cette Océane « S » est équipée de pièces de carrosserie empruntées à la P60 (pare-chocs droits, clignotants, feux arrière, etc.) ce qui lui fait perdre un peu de son élégance naturelle je trouve. La sellerie abandonne le cuir pour le simili. La version précédente rebaptisée « Grand Carrossier » cohabitera avec la version « S » pendant un an avant de disparaître.

Cette évolution « S » destinée à stimuler les ventes, ne suffira pas à sauver l’Océane qui n’aura pas de succession directe. En effet, l’Océane et la Plein Ciel cèderont leur place dès 1962 à la Simca 1000 coupé.

La Simca Océane cabriolet aujourd’hui

A peu près 1200 cabriolets Océane ont été produits au total. Ce qui fait que par sa relative rareté, ce modèle bénéficie aujourd’hui d’une côte relativement élevée sur le marché de la collection. Comptez tout de même entre 30 000 et jusqu’à 50 000 euros pour une version en parfait état !

Mais pour ce prix, vous jouirez d’un cabriolet rare aux lignes élégantes, comptant parmi les symboles forts de l’automobile française des années 50. Ses origines populaires ont le bon goût de rendre son entretien accessible grâce à des organes mécaniques simples, éprouvés et restant relativement courants.

En savoir plus sur la Simca cabriolet Océane

D’abord le Club Simca France, incontournable.

Un site très documenté, Simca by Facel

De nombreux autres sites et forums sont également consacrés à la marque Simca.

Simca Océane Cabriolet en images

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