La boîte PDK s’impose !

Comme vous le constatez, ce titre a un double sens. On peut le comprendre comme une percée inexorable de la boîte PDK ou comme un choix incontournable au moment de l’achat. Comme nous allons le voir, les 2 sont vrais avec néanmoins quelques nuances.

Un bref historique

La boîte automatique ce n’est pas nouveau chez Porsche et pas très étonnant pour une marque dont le premier marché reste les Etats Unis. Il y a d’abord eu la Sportomatic (type 905) équipant les 911 dès 1967. Il s’agit d’une transmission semi-automatique, ce qui signifie que le changement de vitesse est initié manuellement par le conducteur, mais que l’embrayage est actionné automatiquement. Une version évoluée de cette boîte (type 925) a été proposée à partir de 1981 mais essentiellement pour les Etats Unis.

Lui a succédé la Tiptronic en 1989, première expérience pour Porsche d’une boîte automatique moderne avec mode manuel séquentiel. La 911 type 964 a été la première a en être équipée. Cette boîte aux standards de l’époque était jugée un peu lente en conduite sportive par bon nombre d’utilisateurs.

La boîte PDK à double embrayage lui a succédé à partir de 2008 en équipant la 911 type 997 phase 2. Associé de préférence aux options sport chrono, qui raccourcit encore le passage des rapports et aux palettes au volant, cette transmission robotisée est tout à fait adaptée à une conduite sportive. Elle a subi de nombreuses évolutions avant d’équiper la 911 type 991 et ses acolytes Boxster/Cayman 981 au point d’avoir aujourd’hui la préférence d’une majorité de Porschistes comme nous allons le voir.

Un constat sans appel

D’après « des sources proches du dossier », les concessionnaires Porsche ont vendu ces derniers mois les modèles 911 (991) et Boxster/Cayman (981) avec un taux d’équipement en boîte PDK proche de 100 % (!)

Il suffit de se rendre sur le site officiel Porsche France pour constater que toutes les occasions de ces modèles sont exclusivement disponibles en boîte PDK à l’heure où nous écrivons ces lignes. En Allemagne où le choix est forcément très important, sur un total d’un peu plus de 1400 911 (991) seulement 7 sont disponibles en boîte manuelle !

Une percée inéluctable

Plusieurs raisons expliquent le succès de la boîte PDK. D’une manière générale, si la boîte robotisée peine encore à s’imposer chez les constructeurs généralistes essentiellement pour un problème de coût (entre 5 et 20 % du parc automobile européen suivant les pays), elle s’est par contre largement installée chez les marques Premium.

La voiture intelligente

C’est un lieu commun de dire que l’électronique et l’informatique sont de plus en plus présentes dans nos véhicules et la boîte robotisée fait partie intégrante de cette tendance. Elle contribue non seulement à améliorer le confort de conduite mais participe également à augmenter l’agrément de conduite et les performances. Ce qui est encore plus intéressant aujourd’hui c’est l’interaction entre les différents organes principaux du véhicule dont la boîte robotisée est l’un des éléments majeurs. Sur une sportive moderne, suivant sa vitesse et le rapport de boîte engagé, un calculateur central modifiera en conséquence d’autres organes comme la suspension ou les freins pour garantir au maximum sécurité et agrément. On imagine alors facilement qu’une boîte à commande mécanique y a de moins en moins sa place…

La protection de l’environnement

C’est une raison inattendue mais les politiques environnementales ne font que favoriser ces nouvelles boîtes automatiques à fortiori sur les véhicules sportifs. Qu’il est loin le temps où boîte automatique était synonyme de surcroît de consommation et de pollution. La boîte robotisée « rationalise » le fonctionnement d’un moteur et diminue ainsi les rejets polluants. Avec l’augmentation des taxes suivant les rejets de CO2, acheter certains véhicules avec une boîte mécanique relève de l’acte militant. Prenons l’exemple d’une Porsche Boxster S nouvelle génération. En boîte manuelle le taux de CO2 étant de 206 grammes, il faut s’acquitter d’une taxe de 6000 € soit 10 % du prix de base de la voiture ! Par contre en prenant l’option boîte PDK à 2800 €, le taux de CO2 descend à 188 grammes et la taxe à 3000 €, l’option devient donc quasiment gratuite, CQFD !

La symbolique Ferrari

La première marque, et non des moindres, a s’être totalement investie dans la boîte robotisée c’est Ferrari qui a bénéficié directement de la technologie employée dans ses formules 1 et l’a adaptée ensuite à ses voitures de série. A noter que Porsche a fait de même dans une moindre mesure avec sa boîte PDK utilisée en endurance. L’accueil a été tellement enthousiaste de la part des Ferraristes que la marque n’a pas hésité a totalement abandonné la boîte manuelle depuis plusieurs années déjà…
Dès lors la démarche de Ferrari, marque sportive hautement symbolique, a fait tomber tous les à priori entourant les boîtes robotisées et a encouragé les autres constructeurs Premium dont Porsche a largement investir dans cette technologie.

Boîte PDK ou boîte manuelle ? Une question de philosophie…

Pour se faire sa propre opinion, rien ne vaut un essai de l’une ou de l’autre. Mais pour ceux qui n’auraient pas encore eu cette opportunité, voici quelques remarques d’ordre général qui vous permettront de vous faire une première idée. Jusqu’à la 911 type 997 phase 1, si vous privilégiez avant tout la sportivité, la boîte mécanique s’impose. En effet les boîtes Sportomatic et Tiptronic ne sont pas adaptée de l’avis général pour venir agrémenter une conduite sportive. Maintenant si vous êtes un adepte exclusif du mode cruising ou si, moins drôle, une incapacité physique vous empêche d’utiliser une boîte mécanique, ces boîtes sont à fait acceptables.

C’est surtout à partir de la 911 type 997 phase 2 et l’apparition de la boîte PDK que le dilemme devient plus important. Pour avoir personnellement expérimenté les 2, je vous confie mes impressions. La boîte mécanique vous donnera l’impression de maîtriser complètement votre Porsche, de conduire à « l’ancienne » avec la possibilité pour les plus talentueux d’exercer le talon pointe. L’expérience de la boîte mécanique est d’autant plus plaisante que la boîte Porsche est particulièrement agréable à manipuler.

Pour la boîte PDK, le plaisir est ailleurs, on se retrouve un peu comme devant un jeu vidéo. Si la sensation de maîtrise est moins grande, la boîte PDK apporte un plaisir différent surtout avec des palettes au volant et le mode Sport Chrono. La sensation de passer les rapports sans rupture de couple et tout en accélérant est assez jouissive, le tout sans le moindre effort. C’est donc clairement une question de philosophie qui vous fera préférer l’une ou l’autre…

La boîte manuelle a-t-elle encore un avenir ?

A l’analyse de ces différents éléments, on peut en douter. L’agrément d’une boîte robotisée augmente au fur et à mesure des progrès techniques, les clients la plébiscitent et en conséquence les marques abandonnent peu à peu la boîte à commande manuelle.

Pourtant la boîte mécanique a toujours ses adeptes et est toujours présente au catalogue Porsche 2013. Il s’agit de plus d’une nouvelle boîte à 7 rapports qui offre la particularité d’être dérivée de la boîte PDK. Soyons donc reconnaissant à Porsche de maintenir une boîte mécanique à son catalogue tout en sachant qu’elle n’intéressera qu’une infime partie de ses clients.

La généralisation de la boîte PDK paraît donc aujourd’hui inéluctable y compris pour les modèles les plus sportifs destinés au circuit où cette boîte fait merveille. Personnellement même si je reconnais toutes les qualités de la boîte PDK, cela me rend un peu triste. Néanmoins gardons espoir et on peut très bien imaginer demain qu’un véhicule à part entière de la gamme Porsche ou du moins une version de la 911 ou d’un autre modèle de la gamme soit destinée à une clientèle désirant une conduite moins aseptisée, sans trop d’assistance électronique et où bien sûr la boîte manuelle trouverait toute sa place.

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